A lire également :
-
Babel Med Music 2012
-
Babel Med Music, bilan du rendez-vous marseillais de la world music
|
Babel Med Music, bilan du rendez-vous marseillais de la world music

Retour sur les trois jours de Babel Med Music qui fêtait sa 6ème édition en 2010. Au total 32 artistes venus des quatre coins du monde se sont représentés au Dock des Sud les 25, 26 et 27 mars. |
Babel Med Music est un marché professionnel des musiques du monde qui le soir venu, se transforme en festival avec des concerts ouverts au public. Que ce soient des labels, des agents ou encore des directeurs artistiques, les professionnels du milieu étaient présents ce week-end pour dénicher de nouveaux talents. Leur nombre a même quasiment doublé depuis la première édition du Forum en 2005. Les 32 artistes sélectionnés parmi les 900 candidats se sont produits devant les professionnels du milieu mais aussi devant le public marseillais curieux de découvrir ces nouveaux talents.La diversité et le métissage étant le la de ce rendez-vous annuel, nous retrouvions donc en cette 6ème édition, des artistes d'origines aussi diverses que l'Azerbaïdjan, l’Algérie, le Mali, la Guinée, la Turquie, La Grèce, Israël, la Norvège ou Haïti. Comme chaque année, beaucoup d'artistes peu connus rencontrent un succès international après leur passage au Babel Med Music. Parmi les futures stars, Frequence-Sud, a repéré des talents prometteurs. Le jeudi soir, ouverture des festivités avec Vieux Farké Touré, guitariste guinéen et fils du prodigieux Ali Farka Touré qui distille son blues africain aux sonorités funk et rock. Vieux Farka Touré ne souhaite pas qu’on lui colle d’étiquette : « Je joue une musique qui est différente de celle de mon père, j’ai mon propre style et j’essaie de moderniser cette musique ». A ceux qui lui demandent comment il qualifie sa musique il répond : « Moi je prends la musique dans son ensemble, je fais de la musique pour le monde entier, pour tout le monde, je fais de la musique tout court », « j’essaie de faire une musique qui ne ressemble pas à toutes les musiques et qui rassemble toutes les musiques ».
Autre passage remarquable, celui d’Amazigh Kateb, ancien membre du groupe Gnawa Diffusion et aussi fils de l’illustre écrivain algérien Kateb Yacine. Depuis qu’il est en solo, Amazigh chante l’Algérie et l’exil : « j’ai une identité dans l’exil qui est très ancrée, c'est-à-dire que je suis presque devenu un ‘exilien’. Derboukas, kerkabous et autres sonorités algéroises swinguent sous le chapiteau. On entend même des « youyous » fuser de part et d’autre de la salle. Direction la salle des sucres avec la rythmique guinéenne endiablée des Espoirs de Coronthie. Chorégraphies et percussions sont au rendez-vous.
Le vendredi soir, c’est le retour tant attendu de Papa Wemba qui aura retenu toute notre attention ainsi que la transe du DJ argentin El Hijo de la Cumbia.
Samedi soir, lumière sur la sirène de la Mer Caspienne, la chanteuse Sevda qui mêle l’extase du chant mawwâl arabe au jazz. Le temps d’une interlude, les 8 musiciens de la fanfare algéro-parisienne Fanfaraï ont investi la plaza renouant avec les célèbres orchestres de rue qui déambulaient en Algérie au début du siècle dernier. Le public marseillais était aussi là pour soutenir les enfants du pays, le groupe régional Urbanswing Soudsystem, mélange de 3 voix jazzy sur fond musical aux inspirations hip-hop. C’est au tour de Mami Bastah, multi-instrumentiste de nous emporter avec ses chansons traditionnelles des montagnes malgaches. Qu’ils soient venus en professionnels ou en curieux, chacun a pu trouver de quoi swinguer en ces 3 jours made in Babel Med ! Nous avons juste à regretter que le samedi ait été moins rempli que les soirs précédents. Mais quelle salle de spectacles marseillaise peut rivaliser avec un match de l’OM…
Linda Mouffek
Imprimez
cet article -
Invitez
un(e) ami(e) à lire cet article
|